Éléphants : âgés, grands et sages. Se mesurer aux géants de la peinture: Rembrandt, Véronèse, Vélasquez et Poussin au Louvre. Les étudier, les copier pour en faire une œuvre propre et singulière. Au contact de Paris être changé et influencé à jamais. À ce propos l’artiste Anselm Feuerbach partage à sa mère en 1851 : «_ Je dois pouvoir utiliser mes copies toute ma vie_ » tout en sachant que Paris pourrait causer son succès comme sa perte. Il a pris la route pour Paris, comme beaucoup d’autres d’artistes allemands du XIXe siècle, pour pouvoir étudier à la célèbre Académie Julian dont on peut voir, aujourd’hui encore, la devanture rue du Dragon dans le 6e arrondissement. Comme d’autres, il a d'abord dû trouver son chemin dans la métropole et résister à la pression psychologique et physique qu’elle exerce.
L’argent, le bruit et le manque de place ; telles sont aussi les premières problématiques auxquelles sont confrontés les jeunes artistes de Karlsruhe aujourd’hui à Paris. Les impressions sont grandes, parfois trop grandes. Paris se présente comme une base bruyante et instable dans laquelle il n’y a pas de place pour s'attarder et peu de place pour les jeunes talents parmi tous ces éléphants sur le dos desquels on a encore envie de grimper pour prendre du recul. Simon Pfeffel a rencontré ses propres éléphants à Paris en 2017, les a escaladés et en a tiré profit. Dans cette performance « Ériger sa maison sur le dos d'élephants en mouvement », spécialement créée pour l'exposition « Paris, Paris ! » à la Städtische Galerie de Karlsruhe, l’artiste s’intéresse à sa propre analyse artistique contemporaine de la métropole.
© Simon Pfeffel